L’Ame Bleue remet le cap au Nunavut pour de nouvelles découvertes sous-marines

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Après une mission en Antarctique en 2013 et 2014, qui a permis notamment la réalisation du film « Un Monde de Glace », l’apnéiste Laurent Marie et quatre membres de son association L’Ame Bleue, continuent leurs découvertes sous-marines en Arctique, dans le Grand Nord canadien.

 L’expédition, dont la première partie s’est déroulée l’été dernier, repart le 2 février pour quinze jours à Qikigtuarjaq au Nunavut afin d’observer la saison hivernale.  

« Avec l’équipe, nous allons retrouver les éléments extrêmes qui font de chacune de nos apnées un moment unique, des rencontres avec des animaux rares, le froid, l’inconnu, la glace. » explique Laurent Marie. « Nous allons aussi tenter une nouvelle expérience : celle de descendre en apnée sous la banquise le long d’un iceberg.»

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Mais cette nouvelle aventure va bien au-delà d’une simple plongée en apnée. Laurent Marie et ses 4 équipiers auront également pour objectif :

  • l’observation de l’environnement marin et de ces animaux,
  • la rencontre avec les pêcheurs Inuits,
  • l’initiation à la plongée pour les enfants du village,
  • le prélèvement de plancton pour le projet scientifique « Plakton Planet »,
  • et finaliser le tournage du prochain documentaire de 52 min autour de la pensée sauvage.

 Une fois arrivé à Qikigtuarjaq, ils vont retrouver Philippe, l’un des seuls Inuits et pêcheurs de coquillages. Ils partageront avec lui et d’autres membres de la communauté une expérience encore inédite chez les Inuits : la plongée en apnée sous la banquise.

« Ceux sont eux qui nous feront découvrir le monde sous les glaces. Depuis la nuit des temps, ils sont connectés avec le monde sauvage. Ils ont cette connexion et cette intuition incroyable de sentir les animaux et le monde sauvage. Ce sera un grand moment d’échange », précise Laurent Marie.

ENFANTS 

Une dimension pédagogique
L’Ame Bleue aura aussi à cœur d’initier les enfants Inuits à la plongée en apnée. Il faudra les aider à appréhender le monde sous-marin et à dépasser leur peur de l’eau. En effet, depuis la nuit des temps, des légendes se perpétuent autour des fonds bleus et grande majorité des Inuits ne savent pas nager.

L’été dernier, plusieurs enfants du village avaient tenté l’expérience grâce aux plongeurs de l’association et ils attendent avec impatience leur retour pour goûter à nouveau au plaisir de se remettre à l’eau.

Les autres membres de l’expédition :

  • Joël Marie : photographe
  • Florent Dumas, cameraman
  • Jacques Le Lay, cameraman sous-marin
  • Cédric Batteur, apnéiste

L’Ame Bleue au 20h de TF1, le 9 octobre 2015

Ce soir, au 20h de TF1 d’Anne-Claire Coudray, une page spéciale s’ouvre sur Nicolas Hulot (www.osons-agir-pour-le-climat.org), soutien de l’Ame Bleue de la première heure.

Au cours de cette page spéciale seront diffusées des images en avant-première de notre aventure en apnée, du Groenland au Nunavut Canadien!

5 minutes et 20 secondes de plaisir à partager avec Patrick Maudet, Joël Marie, Kévin Peyrusse, Eric Brossier, Jérôme Maison, Laurent Marie, Orlane Dréau, Anne-Cécile Monnier, Emilie Simon, Siham Abdelhamid, Calixte Berger, Ursula Dejean, vous bien-sûr et toutes les écoles qui nous suivent!

Rendez-vous devant votre téléviseur!

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Au détour d’un fjord…

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A l’intention d’Antonin qui fête son cinquième anniversaire: joyeux anniversaire!
Dans le fjord, nous entendons le souffle de plusieurs baleines qui viennent s’alimenter. Les rayons du soleil passent au dessus des montagnes et font ressortir les couleurs des falaises abruptes qui se reflètent dans l’eau.
Sur un glaçon, un ours dort. Il se met à l’eau et nous observe. Je descends à terre pour aller sur une pointe rocheuse prendre quelques photos. Sur le parcours, au détour d’un amoncellement de rochers, je tombe nez à nez avec un lièvre, surpris de voir un humain et moi de voir un lièvre. Nous nous regardons, médusés. J’appuie sur le déclencheur de mon appareil photo. Réalisant un quelconque danger, il prend la poudre d’escampette accompagné de deux autres de ses comparses. Ouf, cela aurait pu être un des ours qui rodent dans les parages, je n’ose y penser….
Joël

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C’est le soir, nous arrivons autour de 15h dans un fjord où tout est gigantisme, des montagnes colossales, des fonds abyssales et des distances incalculables. Le bateau a planté son ancre dans une petite baie, au pied d’une montagne, juste devant un torrent de pierres polies par les fontes de glace successives.
Peu de temps après notre arrivée, sous un ciel parsemé de nuages accrochant les montagnes, à peut-être 4 ou bien 8 km, nous voyons surgir de l’eau des petits souffles rapides à la cime des vagues.

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Ce sont des narvals. Ils sont en groupe et répartis sur une large distance mais hélas pour nous, ils se déplacent dans l’autre sens. Tant pis, mais malgré tout cela nous sommes remplis d’espoir pour les rencontres prochaines.
Nous prenons nos quartiers et mangeons. Tout le monde est dans les bannettes et je suis seul sur le pont avec Eric où je reste afin de voir les aurores boréales. Le ciel est dégagé et la lune absente. On voit scintiller des étoiles partout dans le ciel, la voie lactée nous ouvre la route donnant l’impression d’une arche de lumière. Tout à coup, une puis deux et sans cesse une succession d’aurores boréales montent dans le firmament, telles des épées tendues vers le ciel. C’est grandiose, il n’y a pas un bruit, il y a juste à regarder…

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Un chant se fait entendre ; de petits sifflements répondant à d’autres, des souffles de respiration mais il est impossible de savoir d’où ils viennent. C’est partout, toute la baie en est envahie. Ce sont les narvals qui communiquent entre eux. Une nuit de folie et des moments inoubliables.

Cela ne s’arrête pas là, car à quelques mètres du bateau, on entend une respiration et un souffle énorme. L’obscurité empêche d’apercevoir de façon distincte mais nous laisse juste le soin d’imaginer… C’est bien une baleine boréale, une de ces baleines pouvant peser plus de 100 tonnes, qui vient faire sa curieuse autour de nous. J’entends respirer, une courte expiration puis une longue inspiration. Je réveille les autres afin de partager ce moment unique. L’excitation est à son comble, mais malgré les chuchotements, la baleine doit nous entendre. Elle prend une dernière inspiration avant de disparaître sous la surface.
Patrick

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Bonheurs partagés

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Bonheurs partagés
Nous sommes arrivés depuis deux jours dans un tout petit village de chasseurs. Cerclés par des fjords vertigineux, nous restons sans voix en contemplant ces montagnes minérales, enneigées sur le sommet. Cette neige semble refroidir la roche incandescente rouge orangée que le soleil du matin et du soir embrase par ses rayons.
Ce matin nous souhaitons initier à l’apnée « Jaypootie » et sa grande famille, amis proches d’Eric. Nous sommes dimanche et « Jaypootie » ne va pas à la chasse aux narvals et aux phoques.
Lors de notre première rencontre, je pressens quelque chose ; j’en parle d’ailleurs à Patrick. Et je sais, sans savoir pourquoi, que le futur de notre aventure dépendra de lui.
Nous profitons de leurs présences pour partager un moment commun.
Tout d’abord, nous parlons des Narvals, de la chasse et de cet environnement incroyable qui nous entoure.
Ensuite nous sortons les combinaisons…. Les Inuits observent beaucoup, ils apprennent en regardant. Les parents de « Jaypootie », sa femme, ses enfants et ses neveux viennent tous observer la scène.
Nous commençons par Jay. Il n’aime pas trop se faire assister et prend son temps. Il s’imprègne du milieu car c’est la première fois qu’il plonge. Calme, silencieux, je l’entends respirer dans peu d’eau. Il se déplace doucement. De temps en temps, quand c’est trop pour lui, il sort la tête pour se raccrocher au monde terrestre. Mais le temps passe et il reste de plus en plus longtemps, demande les palmes d’Eric pour partir explorer sa baie. C’est un homme indépendant, un leader, et souhaite faire sa propre expérience.
C’est le tour des enfants, nous gardons un œil sur « Jay » qui a l’air de s’épanouir. Nous les équipons un à un. Ils sont motivés et déterminés comme tous les enfants que nous avons rencontrés jusqu’à présent. Ils vont vite à l’eau et découvrent les merveilles de la mer de Baffin. L’eau est très claire mais elle se trouble parfois en surface car un ruisseau coule des jours heureux dans cette anse.
Cela fait 4 heures que nous sommes dans la mer. Nous avons les mains, les pieds gelés mais les enfants s’amusent avec leur père pour notre plus grand plaisir. Avec Patrick, nous les surveillons du bord. Nous prenons du recul… La famille de « Jay » s’approprie notre passion, cela leur plait et nous les laissons partager ce moment en famille. Pour toute l’équipe, c’est une grande réussite, une belle récompense.
Plus tard, il nous invite à manger du phoque….
Nous discutons avec Jay toute l’après-midi sur la terrasse. Il nous raconte sa vie, les histoires de ses chasses, de ses pêches.
Kathy ramasse de la bruyère pour faire du thé. Cela lui donne une saveur particulière, le goût de cette terre.
Après notre repas, les étoiles scintillent, la voie lactée transperce le ciel, des voiles verts au reflet violet apparaissent. La paysage s’illumine, la lune jaillit de la montagne, elle éclaire sur le miroir de la mer les reflets des aurores boréales.
Une journée de partage où la nature, comme la bruyère, donne un goût fort à la vie.
Laurent

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Un dimanche pas comme les autres
Dans cette petite baie où viennent séjourner les chasseurs (68°54’130’’N – 67°55’841’’W), il parait que c’est dimanche. Bon, je perds la notion du temps, et cela n’a pas beaucoup d’importance. Sur la rive, trois cabanes en planches sont disposées face à l’eau et sont bien abritées par les montagnes environnantes. Des tentes sont disséminées dans de petits abris rocheux.
De bonne heure ce matin, deux, voir trois canoës équipés de puissants moteurs sont partis chasser dans les fjords avoisinants. Ici le bien précieux, c’est l’essence, et il en faut pour se déplacer… Sur la grève, des fûts et des bidons sont regroupés, deux chiens gambadent autour des carcasses de phoques et de narvals tués la veille.
Pendant que l’équipe rencontre la famille inuit, je vais dans la montagne environnante au risque de rencontrer un ours, car ils rodent dans les parages, attirés par les odeurs des viandes qui sèchent.
Sur le haut d’un promontoire, tout près de la neige, la vue est magnifique : des ruisseaux se forment et dévalent la pente à travers une végétation rase, très colorée. La température est de trois degrés, mais le soleil donne une douce sensation de chaleur. Il y a de nombreux lacs autour de moi.
Dans la petite baie, j’aperçois « Vagabond » notre bateau, petite tâche rouge dans ce décor. Patrick et Laurent initient la famille à l’apnée. La plupart d’entre eux découvrent et participent, sous les yeux du grand père âgé de 81 ans, un homme bon pied, bon œil, qui a beaucoup d’humour.
Ici quand c’est l’heure du repas, il suffit de sortir de la cabane, muni d’un couteau et de prélever la viande sur la carcasse d’un phoque ; les morceaux favoris étant les yeux et le foie. D’ailleurs, je suis invité à partager leur repas et je mange pour la première fois du foie de phoque ; c’est très bon pour ceux qui aiment le foie. Les apnéistes n’arrêtent pas de répondre à la demande. Après plusieurs heures passées dans l’eau, il est temps de stopper. La journée va se terminer par la photo de famille toute réunie : au milieu les grands parents, entourés de leurs enfants et de leurs petits enfants, un beau tableau sur lequel va figurer plusieurs générations.
Alors que je retourne à bord, Kevin part dans la montagne pour enregistrer du son, avec Eric équipé d’un fusil au cas où l’ours aurait des idées de repas bien précises…
Joël

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Ilutalik, là où il y a une maison
Je rêvais de revenir ici en été. La dernière fois, avec un collègue scientifique et Jaypootie, nous mesurions la banquise dans la région, en motoneige. Nous avions dormi dans la cabane de son père, Joannassie, qui a vécu la majeure partie de sa vie ici. Les narvals se rassemblent tous les étés dans le fjord voisin. Alors quand Laurent m’a parlé de ses projets, j’avais ma petite idée derrière la tête…
Emotion de tous les retrouver ici, chez eux. Après l’avalanche du mois de mai, les sorties pêche, chasse ou science, les liens sont forts (www.vagabond.fr). Joannassie, Jaypootie, et leurs proches, ont accueilli chaleureusement l’équipe de Laurent. Jay a accepté de bon cœur les caméras et les questions : « I’m gonna be famous! ».
J’étais heureux, ensuite, de voir Jay plonger avec ma combinaison (même si j’aurais bien plongé avec lui !) alors que, début juillet, c’est lui qui tenait la corde lorsque je cherchais de la coralline sous la banquise (algue qui permet d’étudier le climat de l’océan sur plusieurs siècles).
Journée magnifique et mémorable. Quel cadeau de voir presque toute la famille dans l’eau !
Riches des nombreux conseils de nos amis, nous poursuivons notre approche des narvals…
Eric

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Rencontre avec l’ours blanc

Ce récit est dédié principalement à Gaspard.
Toute l’équipe lui souhaite un très joyeux anniversaire!
Nous l’embrassons très fort.

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Vendredi 4 septembre,
Ce matin à 4h, le moteur du bateau donne le signe du départ. Nous quittons la petite baie où nous étions mouillés. Cap vers le nord.
Quelques minutes après notre départ, Kathy, notre passagère Inuit, nous signale la présence d’un ours qui dort sur la banquise. Nous approchons, l’ours se met à l’eau et s’éloigne.
J’ai le temps de prendre quelques photos. Kévin envoie son drone qui survole l’animal. Celui-ci nage très vite et s’éloigne de nous.
(L’ours blanc que nous avons aperçu est un mâle, il peut peser jusqu’à 800 kg et mesurer 2,50m. Il est capable de nager longtemps, de traverser des bras de mer, il est très endurant.)
En fin de journée, j’ai à peine terminé d’écrire dans mon cahier qu’un autre ours polaire est en vue. Je m’équipe rapidement, il est très proche du bateau. Patrick et Laurent s’équipent pour plonger, Kévin met son drone en route, mais cela semble déjà trop tard, il a disparu…
Joël

Avec Patrick, nous sommes dans l’eau et nageons discrètement à sa rencontre… Peu à peu, nous approchons, l’espace qui nous sépare de lui se réduit. Mais il nous a repérés… Il se retourne pour nous garder à vue. Il entretient une distance de sécurité, nous sommes à 50 m. Son souffle résonne sur la surface de l’eau. Malgré ces 50 m, nous nous sentons très proches de lui.
De chaque côté, des falaises riches en minerais plongent dans ce fjord ; la lumière du soleil baisse et colore cette roche d’un rouge orangé… Sous l’eau, le bleu est sombre et je vois déjà dans le viseur le contraste de la fourrure de cet ours. Sous nos palmes, une profondeur de 300m. En quelques secondes, je prends conscience de l’ensemble de cet environnement et de ce que nous sommes en train de vivre….
Mais l’ours, ce grand prédateur du cercle polaire, est dans son environnement. Nous ne représentons pas une menace. Il nous distance peu à peu et nous met face la médiocrité de notre capacité d’endurance.
Avec Patrick, nous montons sur un glaçon pour voir disparaitre l’animal… Kathy rigole, elle nous prend pour des pingouins.
Il est temps de rejoindre sa famille, des amis d’Eric, dans le village de chasseurs.
Un fois à bord, nous regardons les images tournées par Kévin.
Laurent

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Initiation des Inuits à l’apnée

Au village de Qikiqtarjuaq:

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L’homme qui ne promet pas !
Eric, notre Capitaine, voyage depuis 15 ans sur son bateau Vagabond avec sa famille.
Ce projet est d’ailleurs né autour d’un café au bar « le tour du monde » à Brest.
L’une des étapes de ce projet est d’initier les enfants Inuits du village de Qikiqtarjuaq à l’apnée.

Avant de partir avec Patrick, nous avons rassemblé quelques combinaisons afin de ne pas les faire plonger en maillot de bain… Et oui, ici la température de l’eau est de -1,7°C !
Du lourd, enfin surtout du froid et beaucoup beaucoup d’icebergs et de morceaux de banquise disloqués. Une première pour le village en été…
Avec toute l’équipe, nous souhaitions apporter quelque chose de nouveau! Un bol d’air frais, même si ici, il fait tout le temps froid. Mais nous avons de la chance ! Enfin, surtout les enfants, cela fait 2 jours que nous avons du soleil et pas de vent.

A vrai dire tout est allé très très vite…Eric vit dans le village depuis déjà 3 ans. Ses filles y sont scolarisées et toute la journée nous entendons parler de Léonie, son ainée : la première star du village ! La deuxième, c’est Eric. Il est connu de tous et il n’a pas perdu une seconde pour me présenter à la municipalité et évoquer notre projet.
C’est vrai qu’ici, tout se prépare un peu à la dernière minute. Tout est très spontané. Le contact avec la population est très facile. Les sourires que nous échangeons sont nombreux. Un vrai plaisir !

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Le capitaine passe également à l’école de ses enfants pour parler de l’évènement de l’après-midi… »démonstration apnée« !
Pique-nique sur la plage, nous rentrons au bateau ; et sur le quai, je vois mon père qui s’est évaporé dans le village pour réaliser des photos. Je saute dans l’annexe.

Sur le ponton, pleins d’enfants attendent l’animation. Ils sont très curieux et posent de nombreuses questions. Tous, sans exception, sont déterminés à sauter à l’eau.
Nous pensions rencontrer des enfants plutôt craintifs ; il s’avère que ces jeunes sont des « furieux de la vie ». Ils ont soif de découvertes, de rencontres et d’échanges.
Nous débarquons les combinaisons sur la plage de galets.
Pas de vestiaire, pas de douche chaude, juste une serviette pour s’essuyer rapidement.

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Les volontaires sont nombreux, le doigt levé ; ils passent tous devant leurs camarades pour plonger les premiers.
C’est difficile de les contrôler. Ici, à Qikiqtarjuaq, les enfants font ce qu’ils veulent et les mauvaises expériences servent d’éducation. Leur jeu favori est de marcher et de sauter de morceaux de banquise en banquise, en sachant toujours que la plaque peut céder sous leur poids. Bon c’est vrai, cela n’évite pas quelques dérapages et quelques pieds mouillés, mais ils ont vraiment beaucoup d’équilibre ces acrobates Inuits.

Les combinaisons enfilées, les premiers sont dans l’eau… Doucement, tranquillement, ils découvrent les merveilles sous-marines au pied de leur village. Les autres restent sur la rive, mettent un masque et plongent la tête dans l’eau pour voir aussi, ou enfilent un gant pour plonger la main dans l’eau.

Cela ressemble à une fête, certains parents arrivent peu à peu pour prendre des photos, d’autres enfants débarquent encore sur la plage.
Nous avons tous le sourire ! Papa, Kévin et Jérôme immortalisent ces instants sur la pellicule. Eric équipe les enfants, discute avec ses amis du village qu’il voit pour la plupart à l’occasion des grands rassemblements.

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Sous l’eau c’est le grand spectacle, la banquise dilue les rayons du soleil. Nous ramassons des algues pour les offrir aux enfants qui ne plongent pas. Ils les dévorent comme des chips et les adorent.
Nous sortons les premiers de l’eau et les suivants nous rejoignent. C’est reparti…
Go, je suis avec Eliane, fils de plongeur ; il doit avoir des gènes de mammifère marin car il plonge tout de suite.

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Je commence à lâcher prise. Je joue avec lui. Nous grimpons sur un glaçon pour sauter comme je le faisais petit de la digue du sillon à St Malo.
Sous l’eau, nous marchons sur les mains, nous faisons des saltos, des vrilles. Nos yeux brillent de bonheur. Je vis cet instant avec mon âme d’enfant… Leur enthousiasme m’a complètement déconnecté de ma mission. Nous jouons, rigolons, profitons du présent comme si nous nous connaissions depuis longtemps.
L’eau, le plaisir simple de s’y sentir bien nous envahit.
Cette première rencontre avec le peuple de l’eau du dessus et la rencontre de gens du dessous.
Une surface… une frontière, qui sera, le temps d’un moment, notre lien humain.
Eric ne nous a pas promis une telle rencontre, mais il a tout mis en œuvre pour nous donner les moyens de vivre ensemble un moment magique.
Avec Patrick, nous sommes super heureux car c’est l’aboutissement de notre travail et de notre investissement pour ce projet.

Depuis, nous avons fait 3 jours complets d’initiation et avons fait plonger pour la première fois de leur vie plus de 15 enfants dans la mer glacée.
Hier soir, nous avons organisé une projection du premier film d’apnée du village avec un diaporama de tout notre voyage. Les villageois se sont déplacés en nombre ; plusieurs générations étaient présentes. Un grand moment…

Laurent

 

Premières questions des enfants de l’école Antoinette Charbonneaux de Nouméa

Découvrez les questions des CM2a de l’école Antoinette Charbonneaux de Nouméa (Nouvelle Calédonie).

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Est-ce qu’il y a des pingouins ?
Oui, nous avons vu près des glaces des mergules nains (qui plongeaient dès notre passage) et des guillemots à miroir. Tous deux appartiennent à la famille des pingouins.

Avez-vous vu des ours polaires ?
Nous n’en avons pas encore vu.

Est-ce que les animaux ont plus de faciliter à venir vers les Inuits que vers vous ?
Les animaux sont craintifs parce qu’ils sont chassés.

Est-ce qu’il y a des phoques ? Ou des animaux comme en Antarctique ?
Nous avons vu pour le moment beaucoup de baleines à bosses, de rorqual commun, et des phoques du Groenland

Est-ce qu’il y a des requins ?
Oui il y a des requins: le requin dormeur du Groenland

Est-ce que vous aimez vivre là-bas ? Qu’est-ce qui vous plaît ?
Oui, il y a une grande douceur de vivre, les gens sont très chaleureux et les paysages sont magnifiques et très diversifiés, les maisons très colorées.
Nous avons croisé beaucoup de baleines à bosse, de rorquals et des phoques du Groenland. La mer est très poissonneuse.

Quel type de végétation existe-t-il en Arctique ?
La première chose qui nous a frappés au Groenland, c’est qu’il n’y a pas d’arbres. Dans les endroits où nous avons débarqué depuis le bateau, nous avons observé un sol de tourbes recouvert d’une végétation rase (saule nain, lichen, des baies camarines et airelles des marais, des plantes à fleurs naines, des linaigrettes, quelques champignons) qui peut s’adapter au climat très froid. C’est ce que l’on appelle la Toundra.

Est-ce qu’il y a de la neige ou seulement de la glace ?
Actuellement avec le bateau, nous slalomons à travers les blocs de banquises et les icebergs.

Comme vous êtes tout en haut du globe, est-ce qu’il y a plus d’aurores boréales?
Il y en a dès fin juillet, il faut que la nuit soit très sombre. Peut-être en verrons-nous?

Est-ce vrai qu’il peut faire nuit pendant un mois ?
Au village dans lequel nous allons, il y a une période pendant laquelle il fait nuit durant 5 semaines. Cela arrive dans la période hivernale.

Quelles sont les températures en été et combien de temps dure-t-il ?
En été, il fait entre 0 et 15 °c dans l’air et il dure 2 mois.

Est-ce difficile de résister au froid ?
Oui c’est difficile surtout lorsque nous plongeons mais nous sommes entrainés pour. Mais nous faisons attention aussi à bien manger et à bien nous hydrater.

Qu’est-ce qui vous passionnent dans l’apnée et les explorations ? Que ressentez-vous quand vous plongez dans les eaux glacées ?
De découvrir des endroits magiques comme le dessus de la banquise qui se disloque, la lumière qui transperce la glace et les couleurs qui ressortent.

En tant que plongeurs en apnée avez-vous peur de ce qui vous attend sous l’eau ?
Même pas peur !!

Que mangez-vous ?
Nous devons manger demain du phoque. C’est une grande première, nous vous tiendrons au courant.

Est-il vrai que les Inuits vivent uniquement de ce qu’ils pêchent ? Si oui, avez-vous goûté leur nourriture ?
Les Inuits vivent principalement de la chasse et de la pêche mais ils ont quand même des supermarchés. Un bateau voisin, nous a proposé de manger de la baleine mais nous avons tous refusé. Normalement nous gouterons du phoque demain soir.

Sinon est-ce qu’il y a des supermarchés ?
Oui, ils ont des supermarchés.

Est-ce qu’il y a des igloos ?
Nous arrivons presque au village de Qikiqtarjuaq, nous vous tiendrons au courant. Mais maintenant les Inuits vivent dans les maisons, ils ont l’eau courante etc…

Est-ce pollué là-bas ?
Nous avons vu beaucoup de pollution essentiellement dans les ports du Groenland (Aasiaat et Illulissat). Ils n’ont pas le même système d’élimination des déchets que nous avons. Nous vous parlerons bientôt du Nunavut canadien.

Comment font les habitants quand les glaces fondent ? Sont-ils nomades ?
Ils habitent un village sur la terre ferme et quand la glace fond, à la place de partir chasser en moto à neige, ils partent pêcher en bateau.

Est-ce que les Inuits vivent comme dans nos pays ? (le rythme de vie, l’école…)
Nous allons les rencontrer demain.

Vous l’aurez compris, certaines questions restent en suspens car l’aventure et les rencontres avec les Inuits au Nunavut ne font que commencer. Rendez-vous très prochainement pour de nouveaux récits et réponses!

La traversée Groenland – Canada

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l’équipe de l’Âme Bleue au Nunavut

« La balançoire infernale » ou comment traverser du Groenland au Canada :

Nous sommes dans la baie d’Anartalik à 4 km d’Aasiaat où l’équipe plonge pour prélever de la coralline, une algue qui doit être étudiée à des fins scientifiques. Joël est sur une petite île à jouer les robinsons, au milieu des tapis de fleurs, de baies et de myrtilles. Il est sur un promontoire à observer les rorquals et les baleines à bosses qui font des allers et retours pour se nourrir. Des coquilles d’oursins jonchent le sommet du promontoire, abandonnées par les oiseaux qui en ont fait un bon repas. D’ailleurs le fond près des abords de l’île en est rempli. La récolte de coralline faite, il est temps de prévoir la suite des événements.
La météo ne s’avère pas clémente. Question : devons-nous partir du Groenland pour le Nunavut au Canada? Il est question, à la vue des prévisions météo, de retarder le départ de 36 heures. Mais après plusieurs échanges, l’option du départ est prise. Il est 17 heures lorsque nous relevons l’ancre. Les tours de quarts sont organisés, Jérôme & Joël, de 17 à 21 heures, Kevin & Eric de 21 à 1 heure du matin, Patrick & Laurent d’1 à 5 heures et le cycle reprend.
Quelques heures plus tard, nous quittons la terre des yeux, et nous voici en pleine mer. La dépression prévue arrive sur nous et là, c’est la grande balançoire. Vers 5 heures du matin, alors que je suis de quart avec Jérôme, la houle est bien formée et c’est le moment que choisissent les moteurs pour caler. Nous devons faire route sous voile, le bateau roule bord sur bord, le capitaine Eric montre la voie en vomissant, puis ce sera Jérôme…J’essaie de tenir le coup mais au moment de rejoindre ma couchette, patatras c’est à mon tour.
Laurent tient le choc. Eric descend dans la cale au milieu des odeurs de gasoil, ballotté par le roulis, le capitaine « courage » remet en route les moteurs. Ouf toute la journée à être ballotés, le temps semble long.

Le lendemain vers 4h du matin, nous naviguons à travers la banquise, de nombreux morceaux de glace dérivants, le tout dans une brume épaisse qui oblige le bateau à slalomer pour éviter toute cette glace. Vers 9h du matin, un rayon de soleil apparait, mettant en valeur ce paysage. Des oiseaux de mer viennent tourner autour de nous, des phoques quittent leur glaçon à notre approche, des mergules (petit oiseau vivant en Arctique) par petits groupes de 3 à 5 plongent près de nous pendant que Patrick pilote dans la brume qui est revenue. Laurent en profite pour faire des prélèvements de plancton avec Eric. Il nous reste quelques heures de navigation avant d’atteindre le Nunavut. La glace resserre son étau, le chemin devient plus difficile. Les apnéistes profitent d’un passage propice pour se mettre à l’eau et pouvoir tourner quelques images. Je vais les rejoindre pour prendre des photos. Kevin se fait la main à la barre et devient un expert du slalom dans les glaces.
A bientôt,
Joël

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Le calme après la tempête :

Cet après-midi, au milieu de la banquise disloquée, nous stoppons notre navire… Un peu de calme après la tempête…
La banquise absorbe la houle et le vent est très faible (2 nœuds). Nous sommes entourés par des morceaux de glace de formes et de couleurs différentes. De la surface, nous observons par transparence le prolongement caché de leur architecture bleue turquoise. L’envie d’aller caresser ces courbes gelées est irrésistible. Sous nos palmes, une fosse de 1000m qui remonte à 200m en une distance très courte, une eau à -1,4°C.
Une température et une profondeur abyssale envoûtante.
Si seulement, nous pouvions explorer ce tombant sous-marin… Nous nous contentons de nous promener au milieu des cténophores (organismes marins carnivores transparents de type planctonique) et des mergules qui s’alimentent du plancton environnant. Quelques minutes auparavant, nous avons d’ailleurs procédé au deuxième prélèvement de plancton pour la station biologique de Roscoff. Les scientifiques nous délivreront un jour les secrets contenus dans cet ADN.
Sous la mer, la glace est tranchante et nous explorons les cavités secrètes en homme libre (sans filin qui nous rattache à la surface)…
Laurent

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LE BALLET DES BALEINES

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Devant le village d’Akunâq – 68°42’ 560’’N – 52°19’842’’W,

Aujourd’hui mon carnet de pensées devient un livre de bord, c’est normal à bord d’un bateau, c’est la journée du ballet des baleines. Il fait très beau, tellement beau que l’on pourrait se croire aux Antilles, mais avec beaucoup de degrés en moins…Dés le petit déjeuner avalé, Patrick et Laurent partent en Kayak à la rencontre des baleines, nous les rejoignons avec « Vagabond ». Je suis dans le poste de pilotage en compagnie d’Eric, soudain à quelques mètres devant nous une baleine à bosse fait un saut spectaculaire hors de l’eau. Cette masse énorme, quelques mètres au-dessus de la mer, c’est presque incroyable ! Bien sûr je n’ai pas réussi à saisir mon appareil photo, ce sera pour le plaisir des yeux. Toute la journée, elles restent dans la baie, elles font parfois des cabrioles, viennent souffler et inspirer de l’air en surface avant de replonger en nous montrant leurs belles caudales. Grâce au kayak, Patrick et Laurent peuvent les approcher de très près mais elles semblent beaucoup plus craintives qu’en Antarctique, c’est vrai qu’ici elles sont chassées… Le lendemain, j’ai l’occasion d’aller avec Laurent en kayak pour les photographier de près, même de très très près. Les sons sont impressionnants, je n’aurais jamais côtoyé une baleine d’aussi près.

Joël

 La journée aux 100 baleines

Nous quittons Aasiaat après avoir effectué un ravitaillement du « Vagabond », nous prenons alors le cap sur la route des baleines. A peine 2 miles nautiques de navigation effectué et nous voilà déjà à croiser nos premières baleines ainsi qu’une meute de phoque du Groenland qui fuit, tout en nous regardant, devant l’étrave du bateau. Les baleines rencontrées sont des rorquals communs de belle taille qui fendent la surface avec des geysers d’eau pulvérisés à plus de 10 m de hauteur. Je refais un voyage de 30 ans en arrière et mes yeux d’enfant s’ouvrent. Nous décidons alors de nous mettre à l’eau mais l’interaction n’est pas un succès. Sans attendre, nous reprenons notre route vers le sud, afin de rejoindre les fjords jouxtant le petit village de pêcheur Akunâq. Tout au long du voyage, nous croisons sans cesse des dos de baleines soufflant et des caudales sondant vers les abysses. En arrivant au mouillage pour la nuit, j’appelle ce moment « la journée aux 100 baleines ». Au petit matin, nous levons les yeux, avec en fond le fjord, des lumières douces et ambrées du soleil levant. Déjà le souffle des baleines en déplacement nous caresse les oreilles. Cela va être une journée fantastique…

Aussitôt dit aussitôt fait, nous enfilons nos combinaisons dans l’eau à 4C°, et oui c’est l’été, elle est chaude !

Laurent et moi allons tenter une approche en douceur afin de voir les grands cétacés qui tournoient à proximité. Ce sont de majestueuses baleines à bosse qui viennent se nourrir dans une fosse de 116m de profondeur devant laquelle « Vagabond » est mouillé. Embarqués sur un kayak pour rendre nos approches plus mobiles, nous prenons d’abord le temps :

– d’observer la danse magnifique de ces énormes demoiselles qui lancent parfois leur corps au dessus de la surface dans des tourbillons de folie, leurs salutations de la queue avant de sonder dans les profondeurs.

– d’écouter leur respiration, leur souffle expiratoire provoquant un énorme geyser et surtout leur longue inspiration avant d’entamer leurs apnées. Nous avons la chance d’assister à ce spectacle, à quelques mètres d’elles, presque à les toucher. Dans nos approches, les baleines restent fuyantes, je les comprends. Je ne veux nullement les perturber, juste les croiser un instant afin de réaliser mes rêves d’enfant. Je les remercie de m’avoir laissé les approcher…

Patrick

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L’inspiration de la baleine

Nous voilà arrivés dans une petite baie abritée face au village Akunâq : 113 habitants et 113 pêcheurs. Nous avons repéré cette anse sur la carte grâce aux multiples témoignages que nous avons recueillis. En effet, nous nous ne sommes pas trompés. Cette option est la bonne et les nombreuses baleines farandolent devant nous. Aux premières approches, les cétacés sont fuyants. Elles ont peur, effrayées sans doute par le bruit du moteur ou tout simplement par la menace que nous représentons pour elles.

Il faut réfléchir, trouver une autre technique…

Le soir en discutant, Eric nous propose son arme secrète, son Kayak « Nautiraid ».

Le lendemain, avec Patrick, nous nous levons vers 7h. Eric nous aide à mettre son kayak à l’eau.

La mer est calme, le vent nul. Assis sur notre petit navire très stable, nous glissons…Le bruit de l’eau nous éveille peu à peu, le soleil chauffe notre visage, c’est agréable…

Au loin, les premiers souffles transpercent la surface pour atteindre environ 3 m de hauteur. Ils s’achèvent par un petit arc en ciel comme la touche finale d’une toile de maitre. Aujourd’hui, baignant dans cette mer d’huile, nous sommes au cœur de ce tableau. Quelques secondes plus tard, le son du souffle des baleines, comme un coup de tonnerre, nous envahit. Nous sommes avec Patrick déterminés à nous approcher de l’animal convoité, le plus discrètement possible, en silence, comme des chasseurs Inuits. Les baleines sondent à plus de 100 m, elles nous quittent et nous laissent dans un calme profond. Leurs apnées durent entre 7 et 14 min. Nous imaginons alors leurs déplacements le long de cette faille abrupte. Peut-être se nourrissent-elles de plancton, peut-être virevoltent-elles le long de cette paroi grâce à leurs pectorales. Ce temps d’attente nous permet d’observer avec attention le rythme de vie de la baleine. En surface, sa forte expiration nous fait sursauter, souvent surpris de la voir sortir à 3m de nous. Ensuite, elle inspire et nous entendons cet air s’engouffrer à l’intérieur de leurs poumons gigantesques. Ce son, aussi fort que puissant, nous montre la dimension de l’animal. Quelques coups de rames, doucement, nous approchons de ses nageoires pectorales blanchâtres, dans cette eau turbide (car riche en phytoplancton). Nous ne l’effrayons pas, Patrick me place juste devant, les palmes au pied, je glisse du kayak avec mon caisson photo pour immortaliser ce moment.

La baleine se cabre, surprise de ce face à face inattendu. Nous nous regardons le temps de quelques secondes puis elle s’écarte et plonge dans les abysses. Patrick et moi sommes fous de joie. Nous venons de vivre un moment fort en écoutant l’inspiration de la baleine. Une inspiration plus forte que les autres…en quelque sorte la même que nous prenons avant de nous immerger en apnée.

Quel moment…

 Ce matin, nous avons plongé sur un spot de coralline. Eric, chargé de mission, doit en extraire pour l’étudier. Il vous racontera cela plus en détail dans les prochains jours. Entre l’île et le village d’Aasiaat, toute la journée, des rorquals et des baleines à bosses chassent…c’est dingue d’être au cœur de la vie sauvage.

Nous avons mis le cap vers le Nunavut et traversons actuellement la mer de Baffin. Un rorqual nous salue alors que nous sommes à table.

Laurent

Ps: Kévin lui aussi s’est levé tôt. Il vous réserve une belle surprise dès que nous arrivons au village de Qikiqtarjuaq.

Ps: Au total en 2 jours, nous avons avec Patrick passé plus de 15 heures sur le Kayak. Ce qui représente environ un peu plus de 6 heures dans l’eau.

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Près d’Ilulissat, premières impressions…

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Du haut du Vagabond

Première plongée
Nous partons enfin pour la véritable aventure, les deux moteurs du vagabond en route, nous arrivons dès la sortie d’Ilulissat, telle une brindille dans une rivière, au milieu d’un fleuve d’icebergs. Rapidement, nous décidons de plonger afin de filmer les premières scènes du film. Nos deux pieds glissent dans la combinaison, l’odeur du savon remplit nos narines. Deux ou trois minutes plus tard, le masque sur le visage, nous nous enfonçons pour la première fois dans l’Océan Arctique. L’eau est comme remplie d’aiguilles qui nous transpercent le visage (l’eau est à 0°C), mais cela ne fait rien. Je me rends compte à cet instant à quel point j’ai de la chance d’être là. A ma première immersion, le long d’un iceberg, je me laisse glisser le long de sa peau ondulée. Le silence m’envahit, j’entends le clapotis de la glace à la surface de l’eau. Peu à peu je deviens sauvage, mon instinct me rapprochera alors peut-être bientôt des animaux.
Patrick

Joël Marie
« Tsunami « de glace

69°04’716’’N / 51°07’122’’W – Village d’Ilimanaq
Vagabond mouille dans la baie, je débarque dans ce village où des maisons de bois datent de 1700, c’est riche en couleurs et pour un photographe, c’est un vrai plaisir. Je ne rencontre personne. Seuls des chiens de traineaux, très nombreux, me regardent passer d’un air nonchalant. Je vais jusqu’au cimetière qui se trouve à l’écart du village sur un petit promontoire. Une vue magnifique…avec pour fond de décor, les icebergs qui flottent tels des vaisseaux majestueux.
Les apnéistes profitent de cet instant pour initier Léonie, la fille d’Eric et de France, à l’apnée. Elle est âgée de huit ans et nous dit à son retour : « C’est incroyable le fond de la mer, j’ai vu des étoiles de mer, des oursins. Je voyais le fond de la mer par les images de mon papa mais c’est la première fois que je vois en vrai en plongée…« . Les étoiles étaient aussi dans ses yeux.

Après le repas, nous dirigeons le bateau Vagabond vers un immense iceberg pour tourner quelques images à son approche. Un pan entier de glace tombe dans la mer provoquant un mini tsunami. Le bruit est assourdissant, cela n’empêche pas Patrick et Laurent de se mettre à l’eau dans le brash. Kevin et Jérôme tournent quelques images sur la route. Les premières baleines viennent nous saluer dans des cabrioles spectaculaires, cependant elles sont encore trop loin du bateau pour faire de belles images. Patience…nous en rencontrerons d’autres… Tard dans la soirée, nous nous mettons à couple d’un trois mâts hollandais pour y passer la nuit dans le port d’Aasiaat.
Joël