DIMANCHE 24 FÉVRIER

Il y a une semaine nous arrivions à Ushuaia.

Ce matin, Gilles nous réveille :  » il fait grand soleil et on voit l’Antarctique !! ». Nous y sommes enfin. Les baleines nous accueillent. Un banc d’une douzaine de mégaptères mange devant nous. Soleil éblouissant, montagnes immaculées. Tableau irréel. Elles se laissent observer deux petites heures et puis s’en vont.

Nous nous dirigeons vers un abri entre les îles aux falaises escarpées de l’archipel Melchior. Au détour d’une île, nous découvrons le voilier « Podorange » au mouillage. Nous nous mettons à couple. Retrouvailles. La famille des skippers de l’Antarctique est petite. Echanges sur la navigation, les animaux vus dernièrement. Enthousiasme, excitation, nous préparons notre matériel pour une première ballade aquatique après le repas de midi.

Nous partons avec Brice, le skipper de Podorange, pour rejoindre les baleines à 40 minutes de navigation. Elles sont là par petits groupes…
Premier contact visuel sous marin avec une mère et deux petits… elles s’approchent aussi curieuses que nous…exceptionnel? Irréel? Nous sommes au milieu de l’Antarctique, 200m de fond ou plus (le sondeur décroche), la Mer est entre 0° et 1°C, et pourtant aucune trace d’hostilité quelconque, de crainte, dans ce monde inapproprié aux humains. Alors oui ! Irréel!!
Elles nous acceptent, nous laissent rêver, et puis s’en vont. Retour vers l’Île d’Elle.

Une journée sur la péninsule, et déjà une multitude d’images, d’émotions en tête… Sur le chemin Laurent met le filet à plancton à l’eau. Il traitera la récolte en arrivant à bord.
Premier déshabillage dans le froid polaire, mais malgré le vent, l’adrénaline nous tient chaud. Après la douche, dont le volume tient dans une demi bassine d’eau, nous rejoignons nos voisins de Podorange pour une soirée d’escale, pas trop arrosée… il faut tenir physiquement sur la longueur de ce voyage… Se reposer pour perdurer.

Jean-Yves, notre skipper, cuistot, nous concocte un de ses excellents repas riche en calories, que nous mangeons sans scrupules d’attentat à notre « courbe athlétique » ! Les calories se gagnent et se perdent immédiatement dans la fraîcheur de l’eau. La fatigue nous gagne… La nuit tombe. Alex traite ses images dont un exemplaire illustre ce message.

Franck

Un Drake bleu pour l’Ame Bleue

Après nous avoir secoué à l’entrée du passage, histoire de montrer qui est le patron, le Drake et ses houles croisées de l’Antarctique nous bercent sur une Mer paisible.

Encalaminée, poussée par une très légère brise, laissant les voiles au repos, la moitié de l’équipage se remet des affres du mal de mer, oscillant entre le pont, le carré, et la bannette. Deux jours que nous avons quitté Port William, la mer de plus en plus paisible, le froid de plus en plus vif, nous approchons du Sud sous un soleil radieux, accompagné par les grands albatros, albatros à sourcils noirs, damier du cap, pétrel tempête et pétrel plongeur…

Cette nuit nous avons observé les premières effervescences de plancton le long du bord, et nous allons tenter dans la journée un premier prélèvement, un galop d’essai avant la péninsule. Au petit matin les dauphins de la baie de Nasseau sont venus jouer avec l’étrave du voilier, envoyés par Neptune le bienfaisant, nous montrer la voie de notre rêve blanc…

equipage_ame_bleue-pont

Un voyage déjà bien mouvementé !

Après quelques mésaventures, l’expédition est sur le point de mettre les voiles. Le départ vers la péninsule antarctique se fera 2 jours après la date prévue, le 20 février. Voici les premières impressions de nos explorateurs :

« Comme dans toute aventure où chacun essaie de tout organiser, il y a tout de même quelques impondérables… Les bagages de Fred et Alex sont enfin arrivés, 2 jours après eux ! Première petite frayeur.

Deuxième mésaventure, j’ai oublié mon passeport dans l’avion… Bien heureusement, j’ai pu le récupérer ce matin pour notre départ vers Puerto Williams, merci à la compagnie Lan-Airlines (chilienne). Dans le cas contraire, j’aurais été un passager clandestin en me cachant dans la cale du bateau pendant le séjour en Antarctique…

Nous n’avons mis que 3 heures d’Ushuaia pour rallier la ville la plus au Sud du Monde,  Puerto Williams au Chili, derniere étape avant la traversée du Drake vers le continent blanc. Avec une pointe à 14 nœuds, ça promet de belles sensations à venir !

La fenêtre météo nous permet de prévoir le départ le 20 Février.

Les oiseaux marins sont de sortie, on en a déjà pleins les yeux ! Quel plaisir de retrouver cette fusion de la mer et de la montagne. »

Laurent

carte cap horn

Rencontre avec la presse, 2 jours avant le départ pour Ushuaia.

A deux jours du départ pour Ushuaia, une conférence de presse a été organisée, ce jeudi 13 février à l’Océanopolis de Brest. Laurent Marie, à la tête de l’expédition a présenté le projet et rappelé ses objectifs : « réaliser en apnée, les plus belles images et vidéos pour émerveiller les enfants et ceux qui veulent encore rêver ».

Dominique Lecomte, directeur de l’usine Groupe Batteur à Landerneau (29) était présent à ses côtés pour rappeler les engagements et le soutien du groupe.

conference-presse-oceanopolisDe gauche à droite : Oliver Grenier (membre de l’équipage de la 1ère expédition en 2010), Dominique Lecomte, Laurent Marie.

Cette rencontre avec les journalistes donne le coup d’envoi de cette expédition de l’extrême. Le matériel est prêt, les préparatifs se terminent, plus que quelques heures avant le grand départ !

Combinaison-eau-glacialeLa combinaison de plongée. 9,5mm pour se protéger des eaux glaciales.

filet_planctonFilet pour le prélèvement de planctons commandés par l’Océanopolis.